Les radios reçoivent souvent des chroniques "préfabriquées" par des boîtes de production, ce qui leur permet de diffuser du contenu sans avoir besoin de milliers de bénévoles. J'en reçois plusieurs chaque mois, et je diffuse la majorité d'entre elles - c'est court, ça mange pas de pain, et ça informe. Mes critères de refus sont : faible qualité / intérêt (c'est rare) et publicité trop évidente (comme une récente série sur les poulets Label Rouge).

J'ai reçu aujourd'hui (enfin je suppose que c'est arrivé au courrier hier !) une série de chroniques intitulée "L'internet + sûr, ça s'apprend". J'avoue : j'avais un a priori à cause d'"Internet + sûr" - ça me rappelait trop la nouvelle idiot... idée de nos chers fournisseurs d'accès.

J'ai essayé de l'écouter sans préjugés. Le premier micro-trottoir met en lumière les principaux problèmes - comme quoi les gens disent pas que des conneries quand ils font leur marché.

Mais tout se gâte ensuite, et commence un FUD assez honteux pour un truc parrainé par l'Etat.

Premièrement, Internet apparaît comme une zone de déchéance, où les gens "mal intentionnés" vous attendent à tout coin de rue, où vous êtes en danger permanent. On se demande même pourquoi on continue de surfer sur le Web, d'ailleurs.

Deuxièmement, ce n'est pas dit textuellement, mais on devine que cette chronique s'adresse aux utilisateurs de Caramail ("je chatte souvent avec mes copines") et Messenger, qui utilisent Internet Explorer (description précise des menus pour remonter le niveau de "sécurité") et Outlook Express ou une messagerie en ligne (les filtres anti-spam semblent pourris).

Troisièmement... les jeunes sont pris pour des cons. Bon, c'est vrai, ils ont pris des kikoololeurs. Mais de là à faire des leçons de morale ("ton père a raison !")...

Et enfin : faire une chronique sur la sécurité sans mentionner Firefox (ou n'importe quel navigateur alternatif un tant soit peu sûr)... Non, vraiment, je ne la diffuserai pas.

[Edit] J'ai oublié le pire : le site promotionné par la chronique (protegetonordi.com) n'est pas accessible par une URL sans www... ou bien on a une petite surprise !